Classements des mains au poker
Les théoriciens du poker se sont longtemps affrontés sur la question de savoir quelles étaient les meilleures mains au poker. Ce qu’il faut retenir, c’est que David Sklansky, célèbre mathématicien du poker, a proposé un classement des mains en fonction de leur « valeur » dans 8 groupes, le groupe 1 étant le plus fort, et le groupe 8, celui des mains les plus faibles. Ce classement, bien que n’apportant aucune preuve absolue de sa fiabilité, a longtemps faut autorité chez les joueurs de poker.
Mais au fil du temps, alors que les méthodes d’analyse statistiques s’affinaient, notamment grâce à la puissance de calcul des ordinateurs, on s’est aperçu que le classement des mains proposé par Sklansky comportait quelques (petites) erreurs. Aussi un nouveau classement a-t-il été proposé, basé cette fois sur l’analyse statistique de millions de mains jouées, réalisée par de puissants ordinateurs. Le tableau que l’on utilise aujourd’hui pour classer les mains au poker est le suivant.

Dans ce tableau, l’espérance de gains est une notion mathématique qui exprime la force de la main (pour faire simple).
Plus l’espérance (également notée EV) est forte, plus la main est forte.
A noter cependant que ce tableau est basé sur des moyennes, calculées sur les performances d’un joueur lambda; or il est fort probable que votre style de jeu soit différent de celui de ce joueur « moyen » : aussi, ce tableau est-il à prendre davantage comme une indication, que comme une table de la loi qui aurait toujours raison.
Votre position affecte la valeur de votre main
Utiliser ce tableau pour choisir les mains que vous jouez ne suffit pas : en effet, ce serait oublier un élément déterminant dans votre stratégie : la position que vous occupez dans le tour de parole autour de la table.
On l’a déjà expliqué dans un précédent article sur l’importance de la position au poker, plus vous êtes en fin de parole, moins vous prenez de risque, et plus vous en savez sur le jeu qu’ont vos adversaires : plus vous avez d’info. Du coup, la valeur de votre main change, car le risque diminue.
Lorsque vous êtes en début de parole, comme le small blind, la valeur de votre main chute dramatiquement : c’est du au fait que vous prendrez vos décisions sans savoir comment réagiront vos adversaires. Vous jouez à l’aveugle. A l’inverse, les joueurs à votre gauche observent vos décisions et ont tout le loisir de vous contrer, sans que vous puissiez réagir.
La conséquence est qu’en début de parole, il faut vous limiter aux mains les plus fortes, alors qu’en fin de parole, lorsque vous connaissez mieux le jeu potentiel de vos adversaires, vous pouvez jouer une gamme de mains plus large.
Malgré ce tableau et ses précieuses indications, vous devez continuer à jouer stratégiquement, à observer vos adversaires et à tirer parti des situations, et non ne jouer que les probabilités.
Quelles mains jouer préflop en début de parole ?
Ca va dépendre du style de jeu de vos adversaires :
- Si le style de jeu de vos adversaires n’est ni trop serré, ni trop agressif, le conseil de Sklansky est que vous jouiez les mains des 4 premiers groupes.
- S’il y’a beaucoup de chercheurs d’or (c’est à dire, de joueurs qui vont voir au flop pour tenter leur chance, mais sans pour autant être trop agressifs), vous pouvez probablement ajouter le groupe 5 à vos starting hands.
- Contre des joueurs serrés, qui ne jouent que de grosses mains, faites comme eux, et ne jouez que les 3 premiers groupes.
Quelles mains jouer préflop en milieu de parole ?
Vous n’êtes pas au blind, vous n’avez par conséquent rien à payer. Vous n’êtes pas obligé de vous impliquer dans le pot.
Tout mouvement devra donc être soigneusement calculé : tout choix inconsidéré vous expose, et vous ne voudriez pas prendre de risque stupide. Souvenez-vous, vous n’êtes pas venu pour jouer au poker, mais pour maximiser les gains en minimisant les pertes.
- A condition qu’il n’y ait pas eu de relance, vous pouvez entrer dans le pot avec une main des 5 premiers groupes, 4 si vous êtes prudent, voire 3 si vos adversaires sont serrés.
- Au contraire, si vos adversaires sont du genre à jouer des mains plus aléatoires, vous pouvez faire comme eux et jouer des mains des 6 premiers groupes.
Quelles mains jouer en fin de parole ?
En fin de parole, vous pouvez jouer des mains jusqu’au groupe 7, selon le nombre d’adversaires en jeu et leur style. Plus ils sont nombreux et serrés, plus vous devez restreindre vos starting hands; à l’inverse, plus ils jouent larges et sont peu nombreux, plus vous pouvez tenter un maximum de mains.
Au big blind
Dans cette position, votre place pour le flop est payée, à condition que personne ne relance. C’est une opportunité de flop gratuit qui s’offre à vous, profitez-en !
Si personne ne relance, vous pouvez donc vous permettre d’aller voir le flop quelles que soient les cartes que vous avez en main. Et là, deux cas de figure :
- Vous touchez votre flop, et vous pouvez continuer, selon la solidité de votre jeu et celui de vos adversaires. Doyle conseille de jouer le coup de manière aggressive si le flop améliore votre main de manière considérable. Il conseille de relancer si vous touchez, par exemple, une couleur ou une suite au flop.
- Vous ne touchez pas votre flop : il faudra faire preuve de discipline, et folder : vous cherchez à toucher votre flop; si ce n’est pas le cas, pourquoi s’enterrer avec le poids mort que représentent vos cartes ? Vous ne voulez pas parier sur la dernière équipe du championnat, n’est-ce pas ?
Si ça relance au pre-flop, abandonnez l’idée du flop gratuit et couchez-vous, à moins que vous teniez une killer hand. N’oubliez pas que si le flop vous a été offert, la turn et la river ne seront, elles, pas gratuites (à moins que vos adversaires fassent l’erreur de vous laisser voir les cartes sans payer).
Dites-vous que l’argent que vous économisez en vous couchant, et en abandonnant votre big blind, sera mis à profit pour gagner une prochaine main, et ainsi vous rembourser.
Quelle que soit votre position
La plupart du temps, la meilleure chose à faire avec une top-pair en main et des top connectors sera de relancer, afin de « faire le ménage » à table, en poussant vos adversaires à faire le choix de payer ou de se coucher.
Vous éliminerez ainsi les indécis, les opportunistes qui comptaient aller toucher leur flop gratuitement avec leurs cartes moyennes et, par la même occasion, une bonne part d’aléatoire. Moins vous avez d’adversaires en jeu, plus votre main est susceptible d’être la meilleure - en partant du principe que vous ne jouez pas une poubelle.
Sachez comment relancer : pensez toujours au fait qu’en relançant, vous prenez le risque d’être sur-relancé. Il faut donc relancer en se laissant la possibilité de sur-sur-relancer.
Par ailleurs, si jamais vous jouez contre des payeurs-fous (appelés « calling stations« ), soyez conscient du fait qu’il vous faudra faire des relances énormes pour les « décoller » de la table… sachant que dans ce cas là, vous prenez le risque d’un bad beat énorme : c’est déjà arrivé à tout le monde de se faire débouter par un débutant qui joue n’importe quoi et qui touche son flop, sa turn ou sa river.
Si un joueur serré (tight) relance, en début de parole qui plus est, n’ignorez pas l’information. Si ce mec joue tight, qu’il prend le risque de relancer en début de parole, méfiez vous. Resserrez vos mains, et si vous payez, soyez sur vos gardes.
De même, sachant que les jeunes joueurs ne sélectionnent pas leurs mains, choisissez soigneusement les vôtres pour pouvoir tenir la route s’ils réussissent à toucher des cartes qui transforment leur poubelles : un joueur avec 7-2 est dangereux s’il paye tout, et qu’il touche un brelan, un full ou n’importe quoi d’autre : et pour vous c’est alors le bad beat, sauf si vous avez joué prudemment. Avec des killer hands, vous minimisez les risques de bad beat.
Rappelez-vous : plus ça joue « loose » à table, plus vous devez jouer « tight » et vice versa.
A l’occasion, changez de style de jeu en jouant des mains que vous ne joueriez pas d’habitude, pour brouiller les signaux et confondre vos adversaires.
A propos des petites paires
Vous avez remarqué qu’on élimine d’office les paire inférieures à 7-7 ? Et pour cause.
Prenons l’exemple de la paire 2-2.
C’est la plus petite paire possible au holdem. Cela implique que TOUTES les autres paires suffisent à la rendre perdante : n’importe quelle carte autre que 2 au flop peut donner une overpair à vos adversaires. Or, si vous avez deux 2 en main, il en reste 2 en jeu. Le flop étant constitué de 3 cartes, une overcard (supérieure au 2) tombe systématiquement, c’est mathématique. Et donc, votre paire de 2 se retrouve systématiquement la plus faible.
C’est pour cette raison que beaucoup de joueurs un tant soit peu expérimentés considèrent que toute paire en dessous de 6-6 ne vaut même pas la peine d’être jouée, tant elles sont faibles et propices à être supplantées par un petit brelan ou une overpair. Personne ne veut se mettre en situation d’incertitude de manière volontaire !
Le tableau récapitulatif des probabilités du poker holdem vous donnera un aperçu des risques que le flop apporte une overcard à votre pocket pair.
Le mot de la fin
Tout cela vous paraît compliqué à retenir ? Pas de miracle : les bons joueurs le font instinctivement à force de s’être entraînés. Ils ont passé des heures et des heures à jouer au poker en ligne, ils ont joué des dizaines de milliers de mains, et ont pris l’habitude de sélectionner instinctivement leurs starting hands en fonction de leur position et du style de leurs adversaires.
Notre conseil : trouvez vous un site de poker que vous aimez (on vous recommande chaudement Winamax ) et entraînez vous ! Ce n’est que comme ça que vous progresserez, et que vous passerez en positif : tout le monde perd un peu d’argent au début, mais ceux qui persévèrent assez longtemps pour progresser finissent toujours par regagner ce qu’ils ont perdu au début, et finissent par gagner beaucoup plus d’argent au final.





Le conseil final est à modérer fortement (voir dangereux) je trouve, seulement 15% des joueurs gagnent et ces 15% ne sont pas toujours les même, donc non, on ne se refait pas et non tout le monde n’est pas capable de gagner même avec de l’expérience.
Cordialement.